Notre époque redevient baroque

On a cru que le baroque avait disparu, que notre époque l’avait relégué parmi les reliques du passé. Baroque is back : c’est tout le contraire que nous dit la belle revue d’art et de sociologie Les cahiers européens de l’imaginaire. 

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Alexander McQueen ©firstVIEW

Des défilés de mode aux collages iconographiques sur le web en passant par la recherche d’esthétisation de la vie quotidienne… Posture et sensibilité baroque irriguent l’imaginaire de notre époque. Au-delà de la « sécheresse du rationalisme », le baroque est porteur d’un retour en grâce de l’imaginaire, du rêve. Un véritable « réenchantement du monde ». Le baroque d’aujourd’hui a conservé de ses racines historiques un goût pour l’excès, le trop-plein de signes. Il ose le mélange des genres et des contraires sans craindre le kitsch. Pour preuve, l’explosion des images, en particulier sur le web, ce grand fourre-tout iconographique.

Le baroque signe le retour en grâce de l’émotion et de la sensibilité

Alexander McQueen ©REX Un inconscient collectif qui redonne sa place à l’image et à l’émotion émerge. Notre époque se « baroquise » donc, dans la mesure où elle « met en image le monde » et elle assume le jeu des apparences. Le baroque signe le retour en grâce de l’émotion et de la sensibilité, « la révolte du cerveau droit ». Partant, la « féminisation » du monde est à l’œuvre. La mode, apanage traditionnelle de la féminité, retrouve une place centrale dans la société. Les partages d’images sur les réseaux sociaux, selfie en tête, sont autant de manière de montrer et de se montrer et manifesteraient une quête de cet éternel féminin qui nous fait tous rêver.

Références :

« Le rythme de la vie postmoderne » – Michel Maffesoli « La révolte du cerveau droit » – Joseline Vega, Francisco Gomez Mont « L’éternel féminin » – Fabian Sanabria in Les cahiers européens de l’imaginaire, mars 2015, CNRS Editions