Rencontre avec Magali Folmer – coach en créativité

Pour cette seconde interview, rendez-vous avec Magali Folmer, personnalité très inspirée et débordante d’énergie. « Coach en créativité », elle intervient notamment aux côtés de bloomeo pour nourrir les workshops de créativité et d’innovation de l’agence.

Son parcours est riche en expériences et en belles rencontres. Jazzmen, chercheurs en PNL, psychologues, anthropologues, créatifs publicitaires… ont croisé son chemin et contribué à forger son approche.

Son parcours

Vous vous définissez comme une « coach en créativité ». Que faites-vous exactement ?

Je coache des professions créatives et des entreprises pour les aider à développer leur créativité et à innover, personnellement ou lors d’ateliers de stimulation créative. En lien avec cette activité, j’accompagne des managers dans leur développement personnel. Créativité et développement personnel sont étroitement liés : c’est en se connaissant davantage que l’on arrive à mobiliser ses ressources personnelles et être plus créatif. J’enseigne également à des étudiants de master les techniques de créativité.

Quelle a été l’origine de cette vocation ?

J’ai commencé par travailler en agence de communication, à Paris, Barcelone et Londres, pendant une dizaine d’années. Ce que j’ai préféré dans ce travail, c’est comprendre en profondeur les motivations des gens, ce qui se cache derrière leur discours.

Je n’étais pas pleinement satisfaite au quotidien et j’ai quitté mon poste pour me consacrer à la recherche sur les processus de créativité. Passionnée par la musique et les arts scéniques, je suis allée interviewer de grands jazzmen comme Marcus Miller pour mieux comprendre leurs processus créatifs et cognitifs. Je me suis reposée sur la programmation neuro-linguistique pour analyser leur état créatif et en tirer de grands enseignements.

Stimuler la créativité

Quelle est la spécificité de votre approche ?

Ces rencontres avec des artistes ainsi que les recherches que j’ai menées en créativité m’ont aidée à construire une approche spécifique reposant sur 5 dimensions :

  • La dimension cognitive : notre mental. C’est lui que nous sollicitons le plus dans notre travail quotidien
  • La dimension émotionnelle. Elle est surtout très utilisée par les artistes, qui puisent dans leurs émotions pour composer des mélodies
  • La dimension physique : notre corps, ses mouvements
  • La dimension relationnelle : notre rapport aux autres
  • La dimension du sens : la vision de ce qu’on apporte au monde à travers nos actions et notre métier.

Dans notre vie de tous les jours, nous avons tendance à sur-solliciter certaines dimensions au profit d’autres, ce qui nous fatigue et nuit à notre créativité. Mon approche du coaching vise à les rééquilibrer en chacun de nous pour libérer tout notre potentiel.

Pour vous donner un exemple concret : en atelier, il m’est arrivé de proposer des exercices dans l’espace pour amorcer le processus créatif. C’est-à-dire faire en sorte que la créativité parte du corps, faire oublier l’intellect et les cadres rationnels qui nous inhibent.

Vous avez rencontré de nombreux artistes pour comprendre les processus de créativité. Que vous ont-ils apporté dans votre pratique ?

J’ai rencontré beaucoup de grands jazzmen, des musiciens qui ont travaillé avec Miles Davis par exemple. C’est en les interrogeant que j’ai remarqué que certains ont besoin d’être dans un état de « pleine conscience » pour improviser. Ces musiciens font inconsciemment un travail sur leurs cinq dimensions pour se reconnecter à eux-mêmes et ainsi être dans l’instant présent.

Ces conclusions m’inspirent quand je coache un dirigeant ou un créatif. Les aider à être plus créatifs, c’est aussi les amener dans cet état d’hyper-connexion à eux-mêmes et à leur environnement.

Dans quel cadre collaborez-vous avec bloomeo ?

Je nourris les ateliers de créativité et d’innovation de l’agence. J’interviens comme catalyseur pour aider les participants à s’ouvrir et à ne pas brider leur imagination, avec des exercices qui permettent de passer d’une posture très rationnelle à une posture plus émotionnelle et plus libre. C’est une étape importante pour s’approprier et mettre en œuvre efficacement un projet de marque.

Dans vos différentes expériences, quels freins avez-vous pu identifier ?

Pour moi, les plus grands freins sont les croyances limitantes, les barrières que chacun se met (consciemment ou non). En France, nous sommes beaucoup trop dans une démarche critique mais pas assez dans l’ouverture et la co-construction. Nous sommes beaucoup trop dans le « oui, mais… » et pas assez dans le « oui, et…». Dans les entreprises en particulier, j’ai remarqué que la logique court-termiste était de plus en plus présente, ce qui bride la créativité.

Plus globalement, voyez-vous des différences d’approche d’un pays à l’autre ?

En France, nous ne sommes pas vraiment dans le lâcher-prise. Dans les réunions, nous allons droit au but. Ce qui est un grand avantage, mais aussi un frein : nous sommes tellement focalisés sur nos objectifs que nous n’arrivons pas à nous en détacher. Par ailleurs, beaucoup trop de personnes s’auto-censurent par peur de ne pas être pertinentes.

De l’autre côté, les Anglo-Saxons sont beaucoup plus ouverts, presque sans limites. En brainstorming ou en atelier de créativité, ils arrivent très rapidement à lâcher-prise et à enclencher une dynamique de groupe positive.

Dans les pays latins comme l’Espagne, le relationnel occupe une place centrale. En réunion ou en workshop, la phase de prise de contact est beaucoup plus longue. Tout passe par la parole, qui est beaucoup plus libérée qu’en France.

Vers quoi s’oriente le secteur du développement personnel ?

Je remarque que le facteur humain est de plus en plus valorisé dans les entreprises. Celles-ci comprennent que le savoir-être est tout aussi important que le savoir technique. Les formations à l’intelligence émotionnelle se développent. En effet, réhabiliter les émotions permet de réduire le stress, les risques de burn-out… et de faire en sorte que l’on soit plus heureux et épanoui.

Se développe également tout ce qui concerne la « pleine conscience » (« mindfulness »), c’est-à-dire apprendre à focaliser son attention sur l’instant présent. Arrêter de zapper pour être plus efficace et moins stressé.

Ses inspirations

Plus personnellement, qu’est-ce qui vous inspire au quotidien ?

J’ai besoin de ma dose de rires ! Je regarde beaucoup de sketches, de spectacles d’humoristes,… Autrement, un artiste comme Alejandro Jodorowsky, chilien, m’inspire énormément. C’est un touche-à-tout de génie, réalisateur, acteur, mime, romancier et bien d’autres choses encore. A une époque où on a tendance à trop cloisonner, il nous montre qu’on peut être excellent dans tous les domaines.

Avez-vous un rituel du matin qui vous fait partir du bon pied ?

C’est tout simple : Je souris en me réveillant et imagine tout ce qui va arriver de joyeux et de positif. Ça me met dans un état d’esprit ouvert.

Diriez-vous que vous êtes d’un naturel optimiste ?

J’ai toujours été très positive. Si quelque chose ne va pas, j’essaie de comprendre les raisons pour lesquelles cela a échoué pour que cela ne se reproduise pas.

Nous venons de découvrir votre « bright side ». Quelle est votre face cachée ?

J´aime beaucoup chanter et danser et pratiquer l´improvisation théâtrale. Je travaille également sur un projet de livret pour développer son intelligence émotionnelle.